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Le burn out ou quand ton monde s’écroule

Novembre 2018, la fin de la construction de notre maison, le projet dont nous rêvions depuis tant d’années ; le début dans une nouvelle institution, des contraintes familiales à gérer…beaucoup de choses en tête mais que je gérais, ou que je pensais pouvoir gérer.

Depuis quelques jours, je ressens comme une chape de plomb lorsque les portes vitrées de l’institution s’ouvrent devant moi, mon visage sourit instinctivement devant les collègues, je réponds poliment que je vais bien, je fais mon travail en mode automatique sans ressentir aucune joie, aucun défi effectué…mais je me dis que ça va passer.

Ce soir je vais chez ma kinésiologue que je vois depuis quelques mois. J’arrive dans son cabinet fatiguée, éreintée, et là pendant la séance, je vois le sol s’ouvrir sous mes pieds et je me vois sombrer dans une abysse tellement profonde, je pleure, je tremble, j’ai froid, j’ai chaud, je perds pied… à la fin de la séance, elle me conseille de me mettre en arrêt maladie, mais je lui dis que non, ça va aller, que c’est seulement passager…

Le lendemain matin, je dépose les enfants au centre aéré et je pleure en conduisant, mon ventre est noué, je fais une crise d’angoisse…Je parviens à arriver devant l’institution mais je n’arrive pas à sortir de ma voiture, j’appelle l’infirmière de l’établissement en disant que je suis malade et que je ne viendrais pas. Je rentre chez moi toujours en pleurant et j’appelle mon médecin pour prendre rdv dans la journée.

Dès que je rentre dans son cabinet, je m’effondre, encore une fois, il m’arrête un mois, me dit de prendre du temps pour moi, avec mon mari et de me reposer…Un mois d’arrêt maladie, je m’en veux de faire subir ça à mes collègues, je me dis que c’est trop mais en même temps je n’ai pas la force de rebondir…

Un mois pendant lequel je vais prendre des cafés avec les copines, me soûler de séries, cuisiner, lire…prendre du temps pour moi en gardant la tête haute et ne pas me plaindre mais penser à la reprise du travail et être toujours si angoissée…

Aujourd’hui, plus d’un an et demi après, c’est encore douloureux…Après ce burn out, j’ai demandé un temps partiel, j’ai pris une année sabbatique, fait un bilan de compétences, (re)commencé une thérapie,j’ai démissionné…

Aujourd’hui, je sens, je sais que cet épisode de ma vie m’a fait prendre conscience de ce que je ne voulais plus, j’ai été obligé d’écouter mon corps qui m’envoyait pourtant des signaux mais que je mettais de côté…

Aujourd’hui, j’ai envie de faire ce dont j’ai envie, ce qui me fait plaisir, ce qui m’anime, je ne veux plus devoir rendre des comptes à une hiérarchie, à des cadres qui ne respectent pas mon travail, ma personnalité.

Aujourd’hui, j’ai envie que mon hypersensibilité soit une force et plus une faiblesse, je n’ai plus envie de me battre contre elle mais d’avancer avec elle.

Aujourd’hui, je deviens autoentrepreneur, je commence (enfin) à écrire un blog, je me livre à l’écrit, chose que je voulais faire depuis tant d’années mais que je n’OSAIS pas faire…

Aujourd’hui je suis MOI parfaitement imparfaite avec mes défauts mais aussi mes qualités, une personnalité à fleur de peau mais pleine de belles valeurs ! J’ai envie de me battre pour des causes qui me tiennent à coeur, me faire plaisir, VIVRE !!!

4 commentaires

  • Estelle LANG

    Ma chérie… je serai ta plus fidèle lectrice, et je te souhaite après tout ce tumulte de trouver la paix dans ta vie, et la joie dans tout ce que tu entreprendras.
    Je te fais de gros câlins. Ton AMIE forever… car loin des yeux ne veut pas dire loin du coeur 🙂

    • Karine

      My BFF,

      Il y a longtemps je t’avais suggéré d’écrire, n’importe quoi, sur n’importe quel support mais d’écrire… Pour faire sortir, pour exprimer, sans honte, comme ça vient, sans tabou. Tu es passée par tous les états émotionnels et tu m’as fait peur, tu as craqué plus d’une fois mais tu es remontée. Il n’est jamais trop tard pour assumer ce qu’on est, respecter ce qu’on est. Explorer si profondément sa personnalité avec ce qu’elle cache de douloureux mais aussi d’extraordinaire est une chance et une force. Tu as cette force et tu assumes, et tu as tellement raison !! On a qu’une vie bordel de fuck et je crois en toi et te lirai, oh que oui. Je vois aussi ce blog comme des choses que tu n’oses pas dire à tes plus proches, ceux qui sont dans ton cœur (je le sais) mais loin physiquement, ceux qui aimeraient tant être là <3.

  • Belval

    Je suis fière de toi, d’avoir eu le courage de raconter tes moments les plus difficiles … certains nous les avons partagés et malheureusement j’ai était impuissante par cette situation , Que je trouvais injuste que tu puisse le vivre…
    Je te souhaite une bonne continuation et je serai une de tes ferventes lectrices. Continue à prendre soins de toi et de ta petite famille. Bisous bisous. Gisou😉😘

  • Doba

    Je vais te suivre au mieux ❤️
    Je me sens déjà très concernée par cet article, je pense à tenir, avant de passer à la suite. Tu seras sûrement un modèle.
    Je te souhaite de belles choses pour l’avenir

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